Mario Draghi a été auditionné pendant deux heures devant les parlementaires. Il a répété que la BCE pouvait activer son programme de rachats dette dès que nécessaire.
« C’est le Titanic ! Il poursuit sa trajectoire sans rien changer et on sait bien comment ca va finir », s’est emporté le député Nicolas Dupont-Aignan, après l’audition de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) à l’Assemblée nationale. De fait, le discours (en anglais) du patron de l’institut d’émission monétaire était parfaitement rôdé. Mario Draghi, qui s’exprimait pour la troisième fois devant un Parlement national, n’a pas dévié de sa ligne, malgré les provocations des souverainistes et en dépit d’une pluie de questions concernant le mandat de la BCE, jugé trop étroit. « Les banques centrales ne sont pas élues, elles ont beaucoup de pouvoir et défendent leur indépendance. Autant d’éléments difficiles à concilier. C’est pourquoi il est essentiel de nous en tenir à notre mandat. Il ne nous revient pas de le discuter, cette question est entre vos mains », a finalement répondu l’Italien dans l’espoir de clore ce débat.
Le mandat de la BCE
Les députés, venus en nombre ce mercredi matin, avaient manifestement bien révisé leurs fiches sur les politiques menées par deux autres banques centrales : la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon. D’où leurs interrogations sur les objectifs et les armes de la BCE. « Pourquoi ne pas acheter massivement des titres dans les marchés ? Elargir le mandat de l’institution à la croissance et l’emploi ? Ou adopter une politique de changes ? ». Mario Draghi s’est justifié sans ciller. « Notre mandat nous a été donné par le Traité. D’après mon expérience, l’objectif de stabilité des prix ne constitue pas un obstacle à la croissance. Il permet de la soutenir et de soutenir l’emploi. » Il a par ailleurs souligné que le contexte européen était très différent de celui des Etats-Unis, où les trois quarts d
