Le baccalauréat en soldes
Bien sûr, cela n’enlève pas au baccalauréat
son caractère républicain. On peut aussi juger que le taux d’échec reste (inutilement) important. Néanmoins, ce relâchement des standards pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, on peut se demander si cela ne participe pas à
une entreprise plus générale d’attaque contre le principe même du bac. Ensuite, cela envoie le signal que l’exigence de l’école est sans cesse abaissée, ce qui ne pousse sans doute pas les élèves à faire des efforts.
Un bien mauvais message
En effet, on peut s’interroger sur la pertinence de cette baisse continue des exigences quand celles du monde professionnel ne cessent de progresser, comme l’illustre d’ailleurs le discours sur la compétitivité ou la mondialisation, qui nous imposerait de faire plus d’efforts. Quel drôle de monde nous construit cette éducation nationale (pilotée par la gauche comme la droite) où les élèves seraient toujours soumis à moins de pression, moins de contraintes et une notation toujours plus souple alors qu’une fois sur le marché du travail, le monde qu’ils affrontent est toujours plus dur.
A force de vouloir faire de l’éducation nationale un ilôt au service des enfants, qui ne devraient surtout jamais être brusqués, ne les prépare-t-on pas à un choc extrêmement violent quand ils quitteront ce nid douillet ? Naturellement, je ne pense pas qu’il faille rendre plus dure l’éducation nationale pour l’adapter au monde professionnel qui l’est de plus en plus, pour la plupart des métiers. Mais, il faut souligner ce grand paradoxe qu’il y a à sans cesse adoucir l’enseignement de nos enfants tout
en laissant la dureté de la concurrence libre et non faussée se renforcer partout ailleurs.
A ce titre, le gouvernement envoie à nouveau un bien mauvais signal
en annonçant la suppression des bourses au mérite. Bien sûr, le dispositf concocté par Valérie Pécresse avait de grosses limites et méritait d’être réformé (puisqu’il ne concernait que quelques centaines d’étudiant