Pendant l’Occupation, elle avait suivi son père à Londres, avait terminé ses études secondaires à Shrewsbury avant de fréquenter l’Université d’Oxford. Elle avait épousé, en 1946, Alain de Boissieu, jeune officier qui avait commandé en 1940 l’une des dernières charges de cavalerie sabre au clair pendant la campagne de France puis qui avait rejoint de Gaulle à Londres, dès 1942, après une évasion spectaculaire. Il avait fait partie de la deuxième DB du général Leclerc qui avait pris le Berghof, le nid d’aigle bavarois d’Hitler.
Fidèle du premier cercle, Alain de Boissieu avait sauvé la vie de son beau-père, devenu président de la République, lors de l’attentat du Petit-Clamart. Par la suite, il avait commandé l’Ecole militaire de Saint-Cyr, avait été chef d’état-major de l’Armée de terre et grand chancelier de la Légion d’honneur. En 1981, il avait démissionné de cette fonction pour ne pas avoir à remettre le collier de grand maître de l’Ordre à François Mitterrand, nouvellement élu président de la République, car il lui reprochait d’avoir traité son beau-père de « dictateur » dans Le Coup d’Etat permanent (1964). Alain de Boissieu était lui-même décédé, il y a sept ans.
Discrète, Elisabeth de G
