Le paradoxal mépris de classe du PS
C’est une constante depuis des décennies : ue grande partie de la gauche juge que le fait de voter Front National serait uniquement un vote de révolte non éclairé contre la crise et le système. Leur raisonnement s’appuie sur le fait que
le vote pour le parti de la famille Le Pen est inversement proportionnel au niveau d’éducation. On retrouve ce raisonnement dans les déclarations d’Aurélie Filipetti qui sous-entendent qu’en améliorant le niveau culturel de la population, alors, le vote FN reculerait.
Un déni complet de réalité
Ce qui est est incroyable, c’est que cette conception est celle qui prévaut depuis des décennies et qui a totalement échoué, comme on a pu le voir à Villeneuve sur Lot où le parti lepéniste a éliminé le PS au premier tour. Au lieu de sermonner les électeurs du FN en leur disant qu’il est mal de voter pour ce parti ou en racontant des sornettes sur son programme, il faut les écouter et répondre à leurs questions. En fait, le PS est incapable de le faire, tant sur les questions économiques que sociétales et l’UMP se contente de répondre superficiellement à leur insécurité culturelle.
Pourtant, le vote Front National, s’il comprend une dimension identitaire,
est avant tout un vote social. Ce n’est pas un hasard si un tiers des ouvriers votent aujourd’hui pour le parti lepéniste : c’est parce qu’ils sont les premières victimes de cette mondialisation contre laquelle les partis au pouvoir n’ont rien fait. Malgré les promesses,
Nicolas Sarkozy a laissé fermer Gandrange. François Hollande, lui,
a abandonné Florange. Nos dirigeants ont abandonné les classes populaires dans une concurrence déloyale avec les ouvriers et les employés d’Europe de l’Est, d’Asie ou d’Afrique du Nord.