Laurent Pinsolle : François Hollande, entre impuissance, esquives et faux semblants
Hier soir, François Hollande intervenait sur France 2 dans un contexte d’impopularité record. S’il s’est voulu volontiers combatif dans la forme, le pédalo présidentiel continue à tourner à vide sur le fond, rabâchant des mesures qui ne donnent et ne donneront rien. Pas de remise en cause, juste des rustines.
L’impasse de la croissance
Le président de la République a eu bien du culot d’affirmer que « nous n’avions pas anticipé que cette crise allait durer plus longtemps que prévu ». Ce faisant, il se place comme un commentateur de l’actualité et non comme un acteur. Car si on ne peut pas lui imputer la responsabilité du niveau de la croissance pour 2012, en revanche, il est bel et bien responsable de ce qui va arriver en 2013. Et il est bien évident, comme l’a souligné Jacques Sapir sur Twitter, que les plans d’austérité mis en place à son arrivée au pouvoir allaient avoir un impact significatif (et négatif) sur la croissance.
A ce titre, il est risible qu’il ait osé dire que « prolonger l’austérité, c’est le risque de ne pas aboutir à réduire les déficits et la certitude d’avoir des gouvernements impopulaires dont les populistes feront une bouchée le moment venu ». Si le constat est juste, il faut noter que nous le disions il y a plus de trois ans déjà et surtout que, comme sous Nicolas Sarkozy, le président de la République tient un discours et fait autre chose. Car dans les faits, il a été le premier à prolonger l’austérité, même s’il a fini par renoncer à l’objectif de réduction du déficit public à 3% du PIB dès 2013.
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