La Turquie n’est pas un pays européen
Contrairement au choix de The Economist de mettre le pays dans la section Europe, il faut rappeler ce simple fait géographique et sur lequel on ne pourra jamais revenir : la Turquie ne fait pas partie de notre continent et il est donc aberrant d’entamer des négociations d’entrée. Si Ankara pouvait accéder à l’Union Européenne, pourquoi ne pas accepter le Liban, Israël ou même, rêve de certains, les Etats-Unis ? Intégrer la Turquie changerait la nature du projet européen.
Qui plus est,
comme le rappelle Laurent de Boissieu, le Général disait qu’il voulait une Europe européenne, et non une Europe étasunienne. Or, la candidature d’Ankara est largement soutenue par les Etats-Unis, étant donnés les liens qui existent entre les deux pays. Cela reviendrait à renforcer plus encore l’influence de Washington sur cette Europe qui ne semble pas toujours vouloir être européenne. La coopération avec la Turquie passe bien plus par une activation de
l’Union pour la Méditerranée.
Enfin, on voit bien depuis trois ans que l’Europe souffre de son manque d’homogénéité. Ajouter la Turquie dans l’UE ne ferait qu’accroître ce problème, en y ajoutant en plus une dimension culturelle importante. En outre, il est bien évident que laisser rentrer un pays de 73 millions d’habitants, où le SMIC est à 400 euros par mois représenterait
une immension pression à la baisse sur les salaires de l’UE, sans parler des potentielles conséquences migratoires…
Mettre fin aux négociations
Malgré le dégel des relations avec la France, l’intégration de la Turquie dans l’UE reste trè hypothétique. L’Allemagne n’y est guère favorable. La Grèce et Chypre y sont très opposées. Et surtout, les Turques eux-même sont moins positifs qu’ils ne l’étaient avant, du fait du dynamisme économique de leur