
De la construction européenne à l’union du Maghreb et au dialogue interreligieux, il n’y a qu’un pas que nos invités franchissent allègrement. Tout en évoquant leurs projets et leurs espoirs....A la Closerie des Lilas : Marek Halter, auteur de best-sellers ; Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et président de Debout la République ; Elyes Fakhfakh, ministre tunisien des Finances ; Roland Dumas, avocat et président honoraire du Conseil constitutionnel.
Ancien ministre des Affaires étrangères de Mitterrand, Roland Dumas se raconte sans état d’âme dans L’OEil du Minotaure : « Qui suis-je ? Un solitaire insolent qui a son franc-parler. Je ne cherche pas à plaire. » La preuve : « Le président syrien, Bachar el-Assad, ne correspond pas à l’image qu’on en donne. Ce n’est pas un tendre, et ce n’est pas non plus un fanatique. » Marek Halter apporte son point de vue : « Au moins, c’est un laïc. On assiste à une guerre des religions, qu’il est en train de gagner. » Que pense Roland Dumas du paysage politique ? « François Hollande est un conciliateur, ça ne fait pas un caractère. Jean-Marc Ayrault, j’apprécie sa raideur. Fabius et Valls, je ne suis pas en bons termes avec eux. Marine Le Pen, je l’aime bien. Elle rêve d’entrer au gouvernement. Chirac : l’histoire sera très sévère avec lui. » Marek l’interrompt : « L’étranger n’est pas un ennemi qui mange notre pain. J’ai été vingt ans apatride, dix ans sans papiers. Merci à Simone Veil, qui m’a donné la nationalité française ! » Et de nous confier que ses liens d’amitié avec BHL se sont détériorés. L’auteur de Faites-le !a envoyé son livre au président Hollande, qui lui a répondu dans la journée par courrier : « Nous le ferons ! »
Roland Dumas, à 90 ans, sort « de chimio. Je viens d’avoir deux cancers coup sur coup. Si je fais le bilan, j’ai bien vécu. Ça n’est pas de mourir qui me fait peur, c’est de ne plus vivre ! » Elyes Fakhfakh, 40 ans, ingénieur de formation, est le nouveau ministre tunisien des Finances. Modeste, il est arrivé en métro. Tenace, il vient d’obtenir 1,7 milliard du FMI. Et quel est son salaire ? « L’équivalent de votre smic. » Marek ne manque pas de projets : le lancement de la chaîne Nessma France, destinée aux sept millions de musulmans, afin de concurrencer Al Jazeera ; l’inauguration d’une université française au Kazakhstan et il achève une trilogie sur les trois femmes qui ont fait l’Islam : Khadija, Fatima et Aïcha. « Je veux rappeler aux musulmans leur propre histoire. Ironie du sort, c’est le petit juif de Varsovie qui la raconte. » Le ministre tunisien des Finances, de passage, n’a pas pu rencontrer son homologue français, Pierre Moscovici, trop occupé pour le recevoir.
« Nous voulons faire de la Tunisie un modèle pour le monde arabo-musulman, mais des parasites comme les Femen [actuellement incarcérées, NDLR] viennent perturber notre mission. C’est mal connaître
