Les députés Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et Alain Bocquet (Front de gauche) planchent depuis novembre sur les paradis fiscaux dans le cadre d'unemission confiée par la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Alors que Jérôme Cahuzac a avoué posséder un compte dissimulé à l'étranger, l'ex-candidat souverainiste à la présidentielle de 2012 juge que la France ne se donne pas les moyens de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. Entretien.
Francetv info : Sur quoi se penche précisément votre rapport sur les paradis fiscaux ?
Nicolas Dupont-Aignan : Ce rapport, pour lequel nous avons déjà auditionné une cinquantaine d'experts, porte sur l'état de l'exil fiscal et l'insuffisance des moyens de lutte en France. Le principal constat, c'est d'ailleurs le retard considérable de ces moyens de lutte.
Dans la lutte contre l'évasion fiscale, vous citez les Etats-Unis en exemple...
On a constaté aux Etats-Unis une vraie volonté de l'administration fiscale de traquer les comptes off-shore, en achetant ou en se procurant des listes de détenteurs de comptes à l'étranger. L'Allemagne a d'ailleurs fait pareil pour les détenteurs de comptes allemands au Lichtenstein. Les Etats-Unis ont instauré également la loi FATCA : toute institution financière qui veut travailler dans ce pays doit déclarer au fisc américain les comptes de tous les citoyens américains qu'elle gère dans le monde. Washington a gagné son bras de fer avec la banque suisse UBS, qui a donné ses listes. Mieux encore : les douanes et les services fiscaux américains ont le droit d'infiltrer les banques étrangères pour avoir des listings ! En France, c'est interdit.
Quelles solutions proposez-vous ?
Il y a un désarmement général de Bercy. Il faut s'inspirer des solutions américaines et acheter des listes aux banques ét
