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Debout La République 01

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Pourquoi la banque centrale doit dépendre de l’Etat

Publié par Debout La République 01 sur 12 Juin 2013, 21:34pm

Catégories : #Laurent Pinsolle

Après avoir conté et remis en perspective l’histoire de la Banque de France, Jean-Claude Werrebrouck se pose la question du statut qu’il faut donner à une banque centrale aujourd’hui : indépendance ou non.
 
 
 
De « l’ordre organisé » au désordre
 
Il note que les rentiers ont intérêt au développement du marché de la dette publique, marché profond et liquide. Il suppose « un respect intégral des droits fondamentaux, en particulier la propriété » des rentiers. En 1945, la faiblesse du système financier fait que l’Etat dicte ses conditions et met en place un « ordre organisé ». Nous sommes alors dans le compromis fordien, où la «  croissance est auto-entretenue par le partage des gains de productivité qu’elle génère : le rendement croissant, s’il est bien partagé, permet à la fois des profits croissants, des prix décroissants, et des réuménarations croissantes ». Le cadre naturel de ce compromis est l’Etat-nation, « espace lui-même relativement homogène, et surtout espace de légitimité, où peuvent se nouer des compromis au niveau des marchés politiques ».
 
Pour lui, la situation actuelle « rappelle la chute de Rome (…) l’Etat est contesté par de nouveaux barbares qui, conquérants dans l’espace des marchés, jouissent d’une grande autonomie par rapport au suzerain ». La mondialisation pousse les dépenses de l’Etat à la hausse et leurs recettes à la baisse. Le système tient grâce à la dette et aux interventions des banques centrales, des « pontages coronariens ». Pour lui « les nouveaux barbares des marchés la jugeront (la monétisation) préférable à la saisie, à la nationalisation, à la restructuration, voire à une régulation tatillonne », même si cela « développe une base monétaire surdimensionnée, matière première de bulles périodiques ». Il dénonce « la relance de l’investissement par diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée (qui) est inopportune en ce qu’elle réduit les débouchés de toutes les industries de biens de consommation ».
 
Il note que nous faisons alors le choix de la mondialisation plutôt que de l’automatisation des usines. Mais les débouchés deviennent alors indépendants des conditions de la production par la recherche des salaires et de la fiscalité les plus bas, créant un problème de débouchés. Cette chaine logistique mondiale impose une libre-circulation des capitaux et un développement du système financier. La victoire des actionnaires et de la finance sur les industriels se lit dans l’évolution, entre 1970 et 2010, du poids des dividendes dans l’excédent brut d’exploitation, passé de 12,8 à 29,8% et la baisse de la formation brute de capital fixe (les investissements) de 21,9 à 18,7%. Pour lui, « la mondialisation libère de la nécessaire congruence, locale ou nationale, entre les conditions de production et celles de la consommation ».
 
Querelles sur la question de la monnaie
 
 

Il note que Milton Friedmann ne voulait pas d’une banque centrale indépendante, du fait de la concentration de pouvoirs au profit de pe

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