Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. Voilà à quoi me fait penser l’actuelle frénésie déclarative des élus depuis quelques jours. Je voudrais qu’on m’explique en quoi la déclaration de 100 élus honnêtes va empêcher un nouveau Jérôme Cahuzac d’omettre de déclarer son compte dans un paradis fiscal.

Ce qui compte vraiment, ce n’est pas la déclaration sur l’honneur. La classe politique est tellement décrédibilisée par les magouilles d’une minorité que cette transparence ne restera pour les Français qu’une façade. L’important est de contrôler en profondeur les patrimoines et revenus des élus, et notamment des ministres, en donnant à la Commission pour la transparence financière de la vie politique, des pouvoirs d’enquête et d’investigation.

Cette Commission n’a aujourd’hui aucun moyen. Elle doit se fier aux seules déclarations des élus. Elle ne peut vérifier les sources des revenus, obtenir des banques le détail des recettes et des dépenses, voire des comptes à l’étranger s’il y en a.

C’est pourquoi, j’ai proposé, dans le cadre de ma mission parlementaire sur les paradis fiscaux, d’imposer, comme aux Etats-Unis, à l’ensemble des banques la transmission automatique au fisc français les comptes de citoyens français à l’étranger.

Jamais l’UMP ni le PS n’ont eu le courage de le faire parce qu’ils redoutent d’ouvrir la boite de Pandore. Ils ont peur de la vérité. Pourtant faire toute la lumière est indispensable pour restaurer la confiance des Français. C’est le seul moyen d’assainir la situation, pas seulement d’ailleurs pour le monde politique mais aussi pour le monde des affaires, celui des médias ou du spectacle.

Enfin, il faut mettre en œuvre un vrai contrat fiscal entre l’Etat et la Nation en baissant d’un côté la pression