Aux Etats-Unis, la guerre des aides
Le néolibéralisme, ce n’est pas seulement une grande course au moins-disant fiscal, social, salarial et environnemental. Cela peut être également une grande course aux subventions pour les implantations d’entreprises, comme le montre les Etats-Unis depuis quelques décennies,
ainsi que le rapporte The Economist. En effet, outre-Atlantique, les multinationales ont compris depuis longtemps tout l’intérêt qu’il y a à mettre en concurrence les Etats pour choisir leurs implantations.
Le phénomène n’est pas nouveau. Dans les années 1980 et 1990, les Etats s’étaient fait une concurrence féroce pour attirer les usines des constructeurs japonais ou allemands, valorisant non seulement un contexte réglementaire favorable aux entreprises d’un point de vue social, mais n’hésitant pas également à ouvrir leur carnet de chèques… C’est ainsi que
Nissan a obtenu une subvention de 244 millions de dollars pour son usine du Tennessee ! Volkswagen, également dans le Tennessee, Mercedes, en Alabama, ou BMW en Caroline du Sud ont largement profité de ces largesses.
Pire, ces subventions à l’installation (crédits ou exemptions d’impôts, comme aides directes) sont de plus en plus courantes.
Les grandes entreprises parviennent même à les obtenir pour maintenir un site : Sears a ainsi obtenu 275 millions de dollars de l’Illinois en 2012 et Prudential Insurance 250 millions du New Jersey en 2011. Certes, il y a souvent des conditions mais elles sont limitées dans le temps, et dès que cela est possible, les multinationales reprennent les négociations.
Une logique infernale
En Europe, cette compétition sur les aides existe également. Disney avait très bien su jouer de la rivalité entre la France et l’Espagne pour implanter son parc d’attraction et négocier de nombreux avantages. Les constructeurs automobiles sont les spécialistes pour obtenir des aides publiques, surtout quand ils créent un nouveau site. Et cela accentue encore les avantages des gra
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