Laurent Pinsolle : A Chypre, l’UE touche à nouveau le fond
Bien sûr, le nouvel accord auquel les autorités sont parvenues dimanche soir est moins injuste que le premier. Néanmoins, cette crise démontre à nouveau à quel point l’Union Européenne est non seulement extrêmement mal construite, mais qu’en plus elle est ingérable.
Un parasite fiscal et un casino bancaire (de plus) dans la zone euro
Nul doute que la plupart des citoyens des pays européens n’avaient pas forcément en tête que la zone euro comprenait Chypre. La crise des dix derniers jours aura donc révélé que la zone euro accueille un parasite fiscal en soin sein, où de l’argent sale russe serait recyclé, et pratiquant un dumping fiscal puisque le taux d’imposition sur les sociétés y est de seulement 10%. Enfin, le secteur financier y a fait n’importe quoi, aboutissant à une situation de faillite, à l’origine de la crise.
En effet, le secteur bancaire pesait plus de 7 fois le PIB du pays, comme le rapporte Olivier Berruyer dans le papier le plus documenté sur le sujet que j’ai pu lire. Tout le problème est que Chypre n’est pas le seul parasite fiscal / casino bancaire de la zone. Malte semble réunir les mêmes caractéristiques. Pire, le ver semble être au cœur du fruit puisqu’Olivier Berruyer révèle que le secteur bancaire luxembourgeois pèse la bagatelle de 21,7 fois le PIB, trois fois plus que la tour de Babel chypriote qui vient de s’effondrer. On serait curieux de savoir ce qui s’y passe vraiment…
Bref, au nom de la « concurrence libre et non faussée », l’UE a laissé faire absolument n’importe quoi au secteur bancaire et impose aujourd’hui aux citoyens de payer la note,comme l’a bien souligné Frédéric Lordon. Car les 17 milliards nécessaires au plan chypriote doivent permettre la rec
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