En outre, on oublie le rôle délétère joué par l’UE et l’euro qui poussent à ces politiques détestables. Christian
Laurent Pinsolle : François Hollande refuse le débat sur l’austérité
Alors que les économistes (y compris au FMI) soulignent de plus en plus les dangers des politiques d’austérité menées en Europe, le débat a gagné le gouvernement avec l’interview Arnaud Montebourg dans le Monde et les doutes de Benoît Hamon, provoquant un recadrage sévère du président.
Le double langage du président
Depuis son élection à la présidence de la République, François Hollande tient un double discours. D’un côté, il a fait de la réduction des déficits l’objectif cardinal de sa politique économique. De l’autre, il dit vouloir faire plus de croissance. Mais les faits (croissance zéro en 2012 et en 2013) démontrent bien que rien n’a été fait pour stimuler la croissance de notre pays. Le plan européen négocié en juin était bien « un pistolet à eau contre un rhinocéros qui charge » pour reprendre Krugman.
Malgré tout, l’équipe au pouvoir continue à proclamer son double objectif contradictoire de réduction des déficits et de croissance. Et, comme l’avait annoncé Jacques Sapir à la rentrée 2012, en poursuivant le premier, le gouvernement ne peut atteindre le second, ce qui ne lui permet même pas d’atteindre le premier. Zéro pointé sur les deux tableaux. A moindre échelle, c’est la même logique qu’en Grèce, dénoncée il y a trois ans par Jacques Sapir ou Nicolas Dupont-Aignan.
La contestation au sein du pouvoir
Du coup, des voix se font entendre au sein de l’équipe gouvernementale pour remettre en cause la direction prise. Arnaud Montebourg a ainsi déclaré que « le sérieux budgétaire, s’il tue la croissance, n’est plus sérieux. Il est absurde et dangereux (…) Il est plus que temps d’ouvrir le débat sur cette politique qui conduit l’Union (Européenne) à la débâcle ». Benoît Hamon va dans le même sens : « aujourd’hui, l’austérité en Europe n’est plus soutenable, avec ses millions de chômeurs ».
Cependant, ces saillies seront sans doute sans lendemain. Tout d’abord, la grande majorité de l’équipe au pouvoir ne remet pas en cause les objectifs de réduction des déficits. Pierre Moscovici est le représentant de cette ligne jusque boutiste qui ignore les travaux de Jacques Sapir ou les avertissements de Paul Krugman et Joseph Stiglitz. Mais François Hollande a sévèrement recadré ses troupes mercredi : bref, il est illusoire d’attendre une inflexion de la part d’un président jospino-delorien…
L’impasse européenne
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