Laurent Pinsolle : La BCE a-t-elle donné à la Banque de France le pouvoir de battre monnaie ?
C’est la nouvelle polémique sur la monnaie unique, déclenchée par la publication début avril d’un papier de Paul Krugman sur son blog annonçant carrément que « La France a de nouveau sa propre devise ». Que revèle cette tempête sur la gestion décidemment impossible de l’euro ?
Monnaie unique et banque centrale commune
Cette polémique révèle un aspect souvent ignoré de cette construction monétaire bancale et artificielle. Si la zone euro a une monnaie unique (à savoir une monnaie qui s’est substitué à toutes les autres monnaies, et non une monnaie commune, qui se serait ajouté aux autres), elle a une banque centrale commune et non unique puisque la BCE est venue s’ajouter aux banques centrales nationales qui existaient déjà, organisées aujourd’hui en un SBCE (Système des Banques Centrales Européennes).
En effet, la BCE n’est pas la seule banque centrale de la zone. Mieux, les banques centrales nationales, qui ont subsisté, ne sont pas de simples filiales de la BCE, puisqu’elles conservent une certaine autonomie et participent aux délibérations et prises de décision de la BCE. C’est le produit de cette politique de petits pas destinés à ne pas proposer un grand saut fédéraliste mais plutôt des avancées progressives pour essayer de les rendre plus acceptables pour les peuples européens.
Quand la Banque de France refinance les banques
Paul Krugman s’est étonné sur son blog de la forte baisse et du faible niveau des taux longs français, en expliquant que la BCE ne pouvait pas abandonner notre pays, appelant nos dirigeants à arrêter leur politique d’austérité. Un premier papier publié sur un blog du Nouvel Observateur, a repris le papier du Prix Nobel d’économie, pour avancer l’hypothèse que la BCE interviendrait sur les marchés pour
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