Un faux suspens qui prend fin
Il fallait alors une occasion pour rompre
la promesse faite le soir du 6 mai, à savoir celle de se retirer de la vie publique. Certes, rompre une promesse n’est pas quelque chose qui effraie particulièrement l’ancien président de la République, mais il souhaitait quand même pouvoir donner une justification à ce reniement. C’est avec son culot coutumier qu’il a pris
l’invalidation de ses comptes par le Conseil Constitutionnel pour raison de revenir sur ce qu’il avait dit. C’est ainsi qu’il fait de la faute reconnue de la mauvaise tenue de ses comptes de campagne un motif à reprendre la politique !
En tout cas, c’est ce qu’il a dit lundi,
comme le montre cette vidéo amateur : «
cela m’a paru suffisamment important pour rompre la décision qui était la mienne de me retirer de la vie politique ». Hormis les membres de l’UMP sarkozystes, il n’est pas évident qu’un tel discours sonne autrement que comme un mauvais prétexte pour revenir une énième fois sur ce qu’il avait dit. Il a affirmé qu’il a «
approuvé l’appel de Jean-François, mais je me suis dit peut être que ça donne un coup de main si je m’y mets un peu ! Dans le fond, à quoi cela sert-il d’avoir un million d’amis sur Facebook ».
Sauveur ou boulet de l’UMP ?
Une partie des militants de l’ancien parti majoritaire, malgré les défaites auxquelles les a menées l’ancien président de la République, a accueilli ce retour avec enthousiasme. Ils pensent volontiers qu’il est le seul capable de ramener leur parti au pouvoir en 2017. C’est tout le paradoxe de cette élection de 2012, où, bien qu’il n’ait été que le second président sortant à avoir perdu, la remontée dans les sondages a donné le sentiment d’une campagne réussie, alors pourtant qu’elle a été perdante, En clair, s’il était parti devant dans les sondages, comme VGE, il serait aujourd’hui un pestiféré.